Chapitre 2 : Miss Petula [Une Histoire de Dragon] #MSC Vieux Rose

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CHAPITRE 2 : Miss Petula

Miss Petula

Pour aller de l’école à la pension de Miss Petula, il fallait traverser la voix Luce où se trouvait Pangur puis prendre le chemin de la rivière Froide et se diriger vers le centre ville. La pension se trouvait dans une rue pleine d’échoppes, de vie et de bruits différents.

Cléo n’avait pas passé une bonne journée. Redoutant de franchir les portes de la pension, elle avait décidé de ne pas presser le pas pour avoir le temps de réfléchir à la situation : cette humiliation devant toute l’école, Eddy et ses copains… Elle craignait de s’être déjà fait remarquer, et pas dans le bon sens ! Comme elle avait peur d’affronter le regard de Miss Petula, peur de la décevoir ! Petula l’avait pourtant mise en garde : « A Pangur, tout est une question de réputation Cléo. Essaies de ne pas te faire remarquer, restes à ta place et observe. Ecoutes bien tes professeurs et apprends tout ce qui rendra ta vie et celle de SeptDents meilleure. C’est une chance d’avoir eu cette bourse d’études, ne la gâche pas c’est important. »

Qu’il était joli ce trajet pour rentrer à la pension. Si la journée n’avait pas été si mauvaise, on aurait presque cru à une balade. Cléo sentit qu’on lui poussait le bras gauche. C’était SeptDents, les oreilles en arrière, qui essayait de reprendre contact avec la petite fille avant de rentrer. Elle aussi devait craindre de décevoir Miss Petula. La dragonne avait vraiment l’air désolée de s’être mal comportée.

Cléo et sa dragonne longeaient la Froide. Les reflets des derniers rayons de soleil sur l’eau étaient magnifiques. Dans un élan de réconciliation, Cléo fit un signe de la tête à Sept pour l’inviter à s’assoir à côté d’elle sur un banc. Au moment où Sept s’assit, le banc se pencha de son côté et la petite fille fut projetée contre l’immense dragon.  Après avoir remis en place sa robe à fleurs et jeté un regard glacial à SeptDents, Cléo lui dit :

 » Tu sais Sept, je ne t’en veux pas tant que ça. Je sais bien qu’il y a un lien entre mon comportement et le tien. Je n’arrive pas à tout maîtriser. Alors s’il te plait, essaies de me simplifier la tâche. »  Cléo essuya la larme qui commençait à couler le long de sa joue. SeptDents colla son museau gigantesque contre l’épaule de la petite fille pour la consoler. Sept était tellement grande et impressionnante que Cléo pouvait sentir contre elle la chaleur de son souffle et les battements de son cœur.

 » Aller, on va aller voir ce que Petula a préparé pour le goûter  » lui dit la petite fille en sautant du banc un peu haut pour elle.

En entrant dans la rue de la Pomme d’Argent, la rue de la pension, Cléo allait déjà mieux. Cette rue, ces gens, ces odeurs, elle les connaissait bien. C’était un quartier populaire, mais c’était son quartier et c’était là qu’elle se sentait bien. Elle passa devant la boutique de vêtements Madame Feng  et d’Attila, son paon. Puis, comme tous les jours,  elle s’arrêta devant la pâtisserie de Monsieur Charbonnier et de son affreux perroquet Vladimir. Pourquoi Monsieur Charbonnier était-il si charmant et son AlterEgo si vilain ??? La sonnette de la porte se fit entendre, c’était le pâtissier qui sortait de sa boutique :  » Dis donc Cléo, à force de regarder mes bonbons à la fleur d’amande, tu vas les faire fondre « . Il tenait dans sa main un de ces précieux bonbons à l’emballage doré et le mit dans la main de la petite fille. Avec un clin d’œil et un sourire dont lui seul avait le secret, il ajouta :  » Les bonbons et les gâteaux ne guérissent rien, mais je me plais à croire qu’ils contribuent à soulager toutes les âmes blessés « . Cléo était vraiment touchée par ce geste si bienveillant qui lui redonna de l’entrain :  » Merci, merci Monsieur Charbonnier !!!! « .

D’ un coup, elle défia Sept du regard et se mit à courir. SeptDents compris qu’un jeu de poursuite était en route et lui emboîta le pas. S’en suivit une course folle en pleine rue. Cléo riait, Sept renversait tout sur son passage et les passants râlaient de tout ce ramdam. D’un geste rapide, Cléo s’engouffra sous un porche et colla son dos à un mur. Elle sortit le bonbon doré de sa poche, défit son emballage et le mit dans sa bouche. Il fallait fermer les yeux pour déguster les bonbons du Charb.  Le goût était inimitable : ils étaient sucrés, puis à peine acidulés avec une pointe d’amertume. Il y avait de l’amour dans ces bonbons-là et c’était un jour où la petite Cléo de 8 ans en avait besoin. Le bonbon terminé, Cléo mit ses doigts dans sa bouche pour siffler Sept qui faisait le guet. La dragonne pointa le bout de son nez sur le champ.

Mais à peine Cléo se retourna, encore le sourire aux lèvres, qu’elle se retrouva le nez collé au museau de V, le loup de Miss Petula. V était un grand loup gris, le pelage autour de sa tête était dense et superbe. Mais il ne fallait pas s’y tromper : V n’avait rien d’une peluche. Le loup regardait la petite fille d’un air soupçonneux.  Et forcément, la directrice de la pension se tenait à quelques pas, l’air sérieux. ..

C’est Petula qui, la première, rompit le silence :  » Siffler, qui plus est avec des doigts dans la bouche… c’est très moche « .  Puis elle dirigea son index en direction du grand portail en fer forgé de la pension :  » Veux-tu bien me suivre dans mon bureau jeune fille, nous avons deux ou trois choses à nous dire « .

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Miss Petula était une grande et belle femme, toujours élégante. La coiffure de ses longs cheveux châtains et ses vêtements étaient, en toute circonstance, bien accordés et maîtrisés.  Elle était gentille Petula, et douce. C’est elle qui avait recueillit la petite Cléo de 2 ans quand ses parents avaient été emprisonné. Elle avait même fait faire des travaux dans la pension pour accueillir correctement Sept, qui était le premier dragon à vivre dans la vieille demeure.

Mais, à l’image de son loup V, Petula n’était pas que douceur et maîtrise. Elle dirigeait la pension et l’éducation des 37 enfants présents d’une main de fer. Cléo l’avait vu se mettre dans des colères effroyables quand des hommes des banques et du ministère venaient l’embêter. Et cette fois où le petit Paul avait été mit à l’adoption car ses parents étaient morts en prison. Quand Miss Petula avait appris que ses parents adoptifs l’utilisaient lui et son singe pour travailler sans relâche, on l’avait vu partir sans un mot, le regard et le pas décidé. Elle revint 20 minutes plus tard avec le petit Paul à la main. On entendit plus jamais parler des adoptants et tout repris un cours normalement.

Elle était douce, gentille mais féroce, comme une louve. Il ne fallait pas toucher à un seul des cheveux de ses 37 louveteaux et de leur Alter.

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En cuisine, Petula maniait le couteau comme personne : elle était très habile et rapide. C’était elle aussi qui portait d’énormes charges pour la pension : le bois, les grandes casseroles. Où avait-elle appris à faire tout ça ?

Cléo entra dans la cour de la pension, en regardant ses pieds…  V de son côté fit un signe de la tête à SeptDents pour lui dire d’avancer. V s’occupait souvent de faire rentrer les AlterEgo des enfants de la pension dans le droit chemin, peut importe leur taille ou leur type. C’était un Alpha, il avait le dessus sur n’importe quel AlterEgo. Quand Sept était encore petite et qu’elle faisait des bêtises, il la transportait par le gras du coup pour l’emmener à l’endroit de la punition.

Le bureau de Miss Petula était très cosy, avec des meubles anciens et des couleurs chaudes. On s’y sentait bien. Cléo regardait par les fenêtres au verre ancien et déformant SeptDents avoir une conversation silencieuse avec V qui lui tournait autour. La dragonne ne devait pas passer un bon moment !

Miss Petula se servit une tasse de thé et s’assit à son bureau en croisant ses longues jambes :  » Nous avons tous beaucoup pensé à toi aujourd’hui. Raconte-moi donc ta journée Cléo. ». La petite fille regardait encore ses pieds et jouait avec un nœud dans le parquet : « Ho bien… Rien à dire, j’ai vu les professeurs, la directrice. On nous a fait visiter l’école et on nous a confié nos casiers et notre matériel. ». En une fraction de seconde, les yeux de Miss Petula se retrouvèrent à 5 centimètres de ceux de Cléo. Comment pouvait-elle se déplacer si vite ?  » Et quoi d’autre ?  » lui demanda-t-elle.

Cléo savait qu’elle ne pouvait pas mentir très longtemps à Petula. Son regard poupon remplit de larmes prêtes à couler, Cléo se décida à raconter sa vraie journée : la peur de ne pas avoir d’amis, être la seule inconnue et fille de prisonniers, Eddy et sa bande qui l’avait embêté et le débordement de SeptDents devant tous les professeurs…  » Mais c’est pas la faute de Sept, c’est la mienne, je le sais. Ho Miss Petula je ne voulais pas vous décevoir! Je ferai de mon mieux les autres jours, je vous le promets. »

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La réaction  de Petula fut rapide et pour le moins étonnante : elle prit la petite fille par le col et l’approcha de son visage. Ses pupilles se transformèrent  et devinrent rose vif : elle avait un regard de loup désormais. La petite fille sentit une décharge électrique lui parcourir le dos, elle ne pouvait plus bouger. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était écouter.

Petula lui dit avec une voix grave mais calme, en pesant chacun de ses mots :  » Ce que je vais te dire n’est pas un conseil mais un ordre Cléopâtre ROSE alors écoute-moi bien. Sous aucun prétexte ta gentillesse ne doit te rendre faible vis à vis des autres. Ne te laisse jamais faire, surtout pas par des imbéciles qui ne méritent pas que tu gâches ta vie pour eux. Inutile de te lamenter et de faire reposer tous tes malheurs sur le fait que tu es une fille de prisonniers parce qu’à la fin, qui que tu sois et d’où que tu viennes, tu dois… Non, tu es dans l’obligation d’être quelqu’un de bien. Tu seras la seule responsable de tes malheurs si tu passes ton temps à te plaindre de ton sort au lieu de choisir toi-même où est ta place et de t’y installer. C’est toi Cléo, toi que tu ne dois pas décevoir « . Les yeux de Miss Petula devinrent encore plus menaçants et Cléo sentit ses pieds quitter le sol :  » Si tu te laisse encore faire, si tu ne défends pas efficacement ta position et si tu mets encore ta dragonne en position de faiblesse, je te doublerai personnellement chaque coup que tu prendras ».

Petula lâcha le col de la petite fille et la reposa à terre. Elle arrangea sa coiffure et sa robe de couleur vieux rose puis ajouta avant de sortir de la pièce : « Conversation terminée, j’ai fait des gaufres pour le goûter, file te laver les mains et rejoins-nous dans la salle commune ».

 » Oui Miss Petula  » répondit Cléo, encore groggy.

Il y avait 37 enfants et 37 Alter Ego dans la salle commune mais pas un bruit. Quand il y avait des gaufres sur la table, le moment était solennel !  Tous le monde s’assit et prit une gaufre. Cléo se délectait de cette pâte à la fois croustillante et moelleuse quand elle entendit les doigt de Miss Petula claquer. La directrice pointa le doigt en direction de Gabriel :  » Combien as-tu pris de gaufres Gabriel ? « . Gabriel, gêné, répondit « Une seule madame ».

Petula prit un air sévère :  » J’ai confectionné 37 gaufres jeune homme, pas une de plus. Si tu prends deux gaufres, quelqu’un dans cette pièce n’en aura pas. Es-tu affamé au point de me mentir et de priver un de tes camarades de son goûter ? ».

Gabriel sortit la gaufre de la discorde de sa poche et répondit timidement :  » Non madame « .

Petula reprit :  » Alors donne cette gaufre à celui qui n’en a pas eu et va au coin sans la tienne, tu en seras privé ». Gabriel, un peu honteux se leva et porta la gaufre à Anne, qui n’avait rien eu, et se rendit dans un coin de la pièce.

Petula ajouta :  » Mes enfants, vous devez tous être solidaires entre vous car vous ne pouvez plus compter sur une famille présente. Vous êtes tous votre propre famille alors pensez les uns aux autres et vous ne serez plus jamais seuls. Dans la vie sans les autres, on ne fait rien, on est rien ». Puis le goûter reprit son cours.

Cléo profita d’un moment d’inattention collective pour faire signe à Ferdinand, le lapin de Gabriel, d’approcher. Elle lui tendit discrètement la moitié de sa gaufre et lui fit signe de la porter à Gabriel. Ferdinand s’exécuta, trop content de rendre service à son AlterEgo. Pressé, il porta le morceau de gaufre à Gabriel qui se tourna vers Cléo en souriant… Miss Petula n’avait-elle pas dit d’être solidaires ?

De son coté, Petula fit semblant de n’avoir rien remarqué et ravie de voir que ses leçons étaient appliquées, elle fit signe à V de ne pas intervenir au près de Ferdinand.

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